Consommation des médias : l’évolution numérique

Au cours de la numérisation, les médias tels que la presse écrite, la radio, les CD ou la télévision ont été prédestinés par beaucoup à une mort certaine. Toutefois, une étude récente sur le comportement face aux médias montre que les offres numériques et analogiques peuvent se compléter de manière satisfaisante. La numérisation a pris d’assaut l’industrie des médias et n’a laissé aucun domaine de côté. La littérature, la musique, les nouvelles, les jeux, les films et les séries, tout cela peut être consommé facilement et commodément par les canaux numériques aujourd’hui.

L’acceptation des offres de médias numériques augmente

Le constat le plus important, d’une part, l’acceptation des médias numériques n’a cessé de croître au cours des deux dernières années, tandis que d’autre part, les produits médiatiques analogiques font un petit retour en force. L’étude montre que l’acceptation des offres de médias numériques a une fois de plus augmenté de manière significative. Le nombre d’utilisateurs réguliers d’abonnements à la vidéo à la demande a augmenté tandis que le taux de croissance de la diffusion de musique en continu est en diminution par rapport à ceci. Mais les nouvelles en ligne, les journaux et les livres électroniques ont également gagné des utilisateurs dans toutes les tranches d’âge.

La “fracture numérique”

Cependant, l’âge des consommateurs joue un rôle important dans leurs préférences en matière d’utilisation des médias. La “pause numérique” se produit souvent entre 35 et 44 ans, après quoi l’acceptation des offres numériques diminue considérablement. Cela peut être dû au fait qu’à partir d’un certain âge, les consommateurs utilisent davantage les formes de médias traditionnelles ou utilisent généralement certains médias moins fréquemment. Pour les fournisseurs, cela signifie que plus la “pause numérique” se déplace vers l’arrière, plus le potentiel de commercialisation des offres numériques est important à tous les âges. Les magazines et les journaux font exception à la règle, car la rupture commence une bonne dizaine d’années plus tôt, mais elle est modérée dans le cas des journaux. Les éditions numériques des journaux ont conquis un nombre respectable d’utilisateurs dans toutes les tranches d’âge. Même parmi les plus de 60 ans, plus de 30 % lisent leur journal sous forme numérique. Les jeunes consommateurs, en revanche, s’intéressent généralement peu aux actualités.

Dans le secteur de la vidéo, la “pause numérique” a encore reculé par rapport à l’étude précédente. Les offres de vidéo numérique sont devenues plus populaires, surtout dans la tranche d’âge des 35 à 44 ans. Par exemple, 27 % des consommateurs de plus de 65 ans regardent déjà les contenus des médiathèques au moins une fois par semaine, et d’autres formes de services à la demande sont également acceptées dans une large mesure. Cependant, la domination de la télévision classique et linéaire chez les utilisateurs de médias plus âgés est toujours intacte.

La fin de la culture libre sur Internet

La numérisation a non seulement créé de nouvelles possibilités techniques, mais elle a également modifié de manière significative le comportement des consommateurs en un laps de temps relativement court. En conséquence, les concepts anciens de la monétisation se sont érodés dans de nombreux domaines. Cependant, les recherches actuelles montrent que les utilisateurs sont de plus en plus disposés à payer pour les services numériques. La culture libre sur Internet, établie de longue date, cède lentement mais sûrement la place à une volonté de payer substantielle. Ainsi, les entreprises de médias peuvent monétiser leurs offres de contenu numérique sur une base plus large. Cette tendance est particulièrement évidente dans le cas des journaux et des magazines. Par exemple, la part des lecteurs d’éditions de journaux en ligne a augmenté d’environ 35 % en deux ans, tandis que la part des articles individuels payants a augmenté de 50 %. Une autre raison de cette plus grande disposition à payer est l’utilisation croissante des téléphones portables. La musique, vos séries préférées ou les dernières nouvelles peuvent être consommées en déplacement. Le papier électronique et les grands écrans haute résolution des Smartphones et des tablettes forment ici une combinaison idéale, que de nombreux consommateurs aiment utiliser.

L’analogique et le numérique se complètent

La percée de nouveaux produits numériques ne se fait pas automatiquement au détriment des offres établies. La croissance des médias numériques est bien plus importante que le déclin des produits traditionnels. Ici aussi, cela est dû en partie à l’augmentation de l’utilisation des téléphones portables. Si les produits numériques simplifient la consommation de médias en déplacement, ou dans certains cas la rendent possible, de nombreux utilisateurs ont souvent recours aux médias traditionnels à la maison. La popularité des livres imprimés a augmenté dans presque toutes les tranches d’âge. Les livres électroniques sont plus un complément aux livres imprimés qu’une concurrence. L’haptique joue un rôle non négligeable pour les consommateurs. Le vinyle est plus populaire auprès des jeunes consommateurs qu’auprès des plus âgés. Le disque occupe désormais une niche exclusive sur le marché de la musique, qui a moins à voir avec la nostalgie qu’avec une préférence pour l’expérience haptique qu’apporte le vinyle.

Toutefois, cela ne s’applique pas à tous les médias traditionnels. On constate que la télévision a de nouveau perdu des téléspectateurs. Bien que 72 % des personnes interrogées regardent encore régulièrement la télévision, les jeunes consommateurs d’une vingtaine d’années préfèrent déjà les offres numériques et à la demande. La radio reste également pertinente avec des taux d’utilisation toujours élevés, mais elle subit également des pertes parmi les jeunes auditeurs.